Café littéraire 16 mai 2019

Mireille Chiroleu et Simonne Chiroleu-Ecudier sont venues nous présenter leur livre La Villa St Christophe, maison de convalescence pour enfants des camps d'internement publié chez Alliance Éditions.

 

Un épisode historique de Canet exhumé incidemment.

L’Oyat nazairien recevait jeudi 16 mai dernier deux traqueuses de mémoire, qui par leur obstination, ont fait revivre la villa St Christophe de Canet.

Dès le début de la guerre d'Espagne et de la dernière guerre mondiale, de nombreuses associations et organisations internationales se mobilisent pour évacuer ou venir en aide aux réfugiés et en particulier aux enfants. Dans la région, on connaît plusieurs exemples, dont la maternité d'Elne, encore visible, mais personne n'avait entendu parler du cas de la villa Saint-Christophe, à Canet-Plage, détruite depuis les années soixante-dix.

Jusqu'au jour où, en 2009, un courrier émanant d'un professeur d'Université de l'Illinois arrive au bureau d'Arlette Franco, députée-maire de l'endroit à l'époque, suggérant son intérêt à en savoir plus sur cet établissement géré par des Ménnonites pendant cette guerre. Commence alors, pour les deux sœurs canétoises, Simone Chiroleu-Escudier et Mireille Chiroleu, connues dans cette ville pour leur passion de l'histoire, aidées par Eric Escudier, pour les traductions en anglais, un long travail de recherches dont l'aboutissement est ce livre, La villa Saint-Christophe, maison de convalescence pour enfants des camps de concentration (Alliance Editions), illustré de nombreuses photos d'archives, qu'elles sont venues nous présenter jeudi dernier, diaporama à l'appui.

Les Ménnonites sont un groupe religieux et culturel ancien, à rôle social, qui se veut impartial pendant les conflits, à travers le monde. Il a son centre d'archives aux U.S.A., dans l'Indiana. C'est là que les deux chercheuses ont puisé leurs renseignements, remonté aussi vers les rares témoignages existants… Ce centre, jouissant d'un site rêvé en front de mer à Canet, a hébergé tour à tour, pour des séjours variables, plus de 200 enfants de toutes nationalités, dont des enfants juifs, âgés de trois à quinze ans, du premier avril 1941 au 4 février 1943. Sortis des camps de concentration, surtout de celui de Rivesaltes, assurant leur bien-être et les sauvant pour certains de la déportation ! 

Encadrés, entre autre, par une directrice américaine mandatée par cette institution religieuse, qui tenait un journal de bord minutieux, consignant quotidiennement ce qui s'y passait et en rendait compte à l'institution religieuse qui en assumait les frais. À sa fermeture, les  enfants furent évacués au Château de Lavercantière, dans le Lot.